Zoom sur : la retraite des femmes

>>> LA SITUATION DES FEMMES RETRAITEES
>>> La précarité
Les femmes retraitées ont aujourd’hui dans une situation de précarité importante. La pension moyenne des retraitées n’est que de 825 €, et la moitié des retraitées touche une pension inférieure à 900 euros (étude de la DREES, avril 2010). 8 retraités pauvres sur 10 sont des femmes.
30% des femmes prennent leur retraite à 65 ans, pour éviter une décote, alors que moins de 5% d’entre elles sont encore dans l’emploi. Un quart des femmes nées en 1950 n’ont validé aucun trimestre entre 51 et 55 ans, contre 15% des hommes.
Un tiers des femmes attend donc l’âge de départ à taux plein dans le chômage ou dans l’emploi précaire (temps partiel, CDD, etc.).
>>> Les inégalités dans le monde du travail se répercutent au moment de la retraite
Les inégalités professionnelles, notamment en matière de salaires, se répercutent au moment de la retraite. Si les écarts de rémunération entre femmes et hommes sont en moyenne de 27%, les écarts de niveau de retraite sont de 40%.
Les écarts des niveaux de pension sont accentués par le fait que les femmes sont moins nombreuses à valider une carrière complète que les hommes : 44% des femmes, contre 86% des hommes.
Les femmes de 50 ans ont validé en moyenne presque 3 annuités de moins que les hommes du même âge.
Cette interruption des carrières et ces différences de montant sont essentiellement dues aux congés maternité et aux emplois à temps partiel dans lesquels les femmes sont souvent cantonnées, soit pour s’occuper des enfants, soit faute d’avoir trouvé un temps complet. Les femmes représentent 85% des salariés à temps partiel, et 80% des salariés payés en-dessous du SMIC.
Les précédentes réformes ont accentué ces inégalités. Avant 1993, les hommes percevaient une pension 1,47 fois plus élevée que celle des femmes. Après la réforme Fillon de 2003, le ratio est de 1,59.
>>> LA REFORME DE 2010 A ACCRU LA PRECARITE DES FEMMES ET LES INEGALITES
Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Avec le report l’âge légal de la retraite de 60 à 62 ans ainsi que l’âge de départ à taux plein de 65 à 67 ans, les écarts s'aggravent et les pensions baissent. Conséquence : des millions de retraitées basculent ou s’enfoncent dans la précarité.
Première solution pour les femmes : attendre deux ans de plus (62 ans, 67 ans) pour prendre leur retraite. C’est l’option que le gouvernement a défendu à l'automne dernier. Mais en l’absence de politique favorisant l’emploi des seniors, cette solution a pour conséquence de baisser le niveau des pensions (via le système de décote) dans un cas, de maintenir les femmes dans le chômage ou l’emploi précaire deux ans de plus dans l’autre cas.
Autre solution pour les femmes : partir en retraite avant 67 ans, et subir une décote plus forte qu’actuellement. Les allocataires du minimum vieillesse sont majoritairement des femmes : cette situation va empirer, le nombre de retraitées pauvres va augmenter. Les femmes sont déjà plus touchées que les hommes par les décotes : le projet de loi va donc aussi accentuer les inégalités entre les femmes et les hommes.
Alors que les femmes sont moins bien payées que les hommes, plus précarisées dans l’emploi, partent plus tard à la retraite, la réforme des retraites de 2012 fait passer du rouge au noir tous les indicateurs.
>>> NOTRE PROJET POUR LES RETRAITES : GARANTIR L'AUTONOMIE DES FEMMES
Un projet ambitieux de réforme des retraites doit avoir notamment pour objectif de garantir l’autonomie des femmes, acquis social durement conquis par les mobilisations féministes.
- L’emploi des femmes est un atout économique, social, et une garantie pour chacune d’une autonomie financière et donc de l’indépendance. Le gouvernement doit mettre en place une politique pour favoriser l’emploi des femmes, qui passe notamment par l’attribution de nouveaux moyens humains et financiers au service public de la petite enfance. Les femmes ne doivent plus avoir à choisir entre carrière professionnelle et tâches domestiques.
- Il faut sortir les femmes des trappes à précarité où l’emploi précaire imposé les maintient. Une taxation plus forte de l’emploi précaire est nécessaire. Il faut également mettre en place des mesures spécifiques pour pallier à la répercussion des inégalités femmes-hommes sur l’âge de départ à la retraite et le montant des pensions versées aux femmes.
- Enfin, le gouvernement doit s’engager dans la réduction des inégalités professionnelles et salariales, en sanctionnant les entreprises qui ne respectent pas l’égalité femmes/hommes.






