Christine Boutin : une candidate anti-choix rallie Nicolas Sarkozy

Après avoir crié au scandale démocratique face aux difficultés rencontrées pour récolter les 500 signatures, Christine Boutin a fait le choix de se retirer de la course à la présidentielle pour rallier Nicolas Sarkozy. La présidente du Parti démocrate-chrétien n'a jamais fait mystère de ses positions anti-choix. Et c'est bien ce qui nous inquiète.
Nous ignorons tout de la teneur du pacte qu'elle prétend avoir conclu avec le Président sortant, mais il nous paraît essentiel de revenir sur certains éléments de son programme, purement incompatibles avec les droits des femmes et les valeurs progressistes que porte Osez le féminisme !
Madame Boutin avait ainsi mis en exergue dans son programme « 12 mesures prioritaires pour 2012 », avec, en tête : « promouvoir la famille, en définissant le mariage dans la Constitution comme l'union d'un homme et d'une femme […]. Défendre la vie de la conception à la mort naturelle […] ». Et si Christine Boutin rallie la candidature de M. Sarkozy, c'est bel et bien parce qu'elle juge le président candidat à même de défendre ce projet, comme elle l'a déclaré sur TF1 le 13 février dernier : « Nicolas Sarkozy reprend à son compte ces valeurs que je porte et qui ont toujours été celles de la droite : il a clairement affirmé sa volonté de préserver la famille, de respecter toute personne en fin de vie, de refonder l’école et d’assumer notre histoire et nos racines judéo-chrétiennes. ».
Le droit à disposer de son corps, et donc le droit d'accès à l'avortement, est un droit fondamental et non négociable. Il est un des garants de l'égalité femmes-hommes et permet aux femmes d'être maîtresses de leur destin, et plus précisément de leur sexualité. Déjà fortement menacé par les nombreuses fermetures de centres d'IVG partout sur le territoire, il est directement attaqué par Christine Boutin.
Quelles valeurs souhaitent donc défendre l'UMP ? Celles du Parti Chrétien Démocrate, traditionaliste et rétrograde ?Ne souhaite-t-il dont pas être un parti à l'écoute des revendications de la société et ouvert à l'égalité femmes-hommes ?
L'IVG ne peut faire l'objet de tractations électorales et si d'aventure l'UMP venait à mettre en péril davantage le droit d'avorter, la réaction sera immédiate et sans appel : nous ne tolèrerons pas que ce droit conquis de haute lutte soit remis en cause.
Claire SERRE-COMBE






